Festo fête ses 100 ans
La filiale française de Festo, spécialiste allemand des technologies d’automatisation, a célébré avec ses clients et partenaires les 100 ans d’existence de sa maison mère.
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Pour marquer cet anniversaire exceptionnel, Thomas Böck, membre du conseil d’administration, a souhaité associer clients, partenaires et collaborateurs à une année de célébrations à travers le monde. En France, les festivités se sont tenues les 7 et 8 octobre sur le site de Bry-sur-Marne, réunissant les invités autour d’un programme riche : démonstrations technologiques, conférences techniques et tables rondes thématiques.
La journée de mercredi a été lancée par les discours d’Anne-Marie Martinez, directrice générale de Festo France, et de Xavier Segura, responsable des pays d’Europe du Sud-Ouest et d’Afrique. Ils ont rappelé que l’innovation et la formation constituent, depuis toujours, les piliers de cette entreprise familiale, aujourd’hui reconnue comme un spécialiste mondial de l’automatisation industrielle et un acteur clé de la formation technique. Dès sa création en 1905, Festo s’est distinguée par sa capacité à anticiper les besoins industriels et à former les talents de demain. La phrase de Gottlieb Stoll, fondateur de l’entreprise – « Festo est l’œuvre de nombreuses mains » – résume parfaitement la philosophie collaborative qui anime encore aujourd’hui les équipes à travers le monde.
Les gigafactories dans les Hauts-de-France
La première conférence de la journée a mis en lumière l’attractivité des Hauts-de-France pour les gigafactories fabricant les batteries pour véhicules électriques. Céline Carlot, directrice de projet chez Nord France Invest, et Nicolas Balland, directeur de projet Electromob à l’ARIA, ont expliqué comment cette région est devenue un pôle majeur de l’industrie automobile et énergétique. Nord France Invest accompagne les entreprises qui souhaitent s’installer dans les Hauts de France. Le réseau de l’ARIA Hauts-de-France est quant à lui composé de constructeurs, d’équipementiers, de fournisseurs de biens d’équipement et de services, ainsi que d’universités et d’écoles présents en région Hauts-de-France. Grâce à la présence de constructeurs comme Renault, Stellantis et Toyota, à un écosystème complet d’équipementiers, de centres de recherche et de formations spécialisées, les Hauts-de-France accueillent désormais six gigafactories dans un rayon de 100 km.
Parmi ces gigafactories, celle d’AESC, inaugurée en juin 2025 à Douai, est désormais opérationnelle et monte en puissance pour fournir en batteries les R5 électriques que Renault produit dans une usine située à proximité. Ayumi Kurose, directeur de projet, a présenté ce site de 100 000 m², qui emploiera près de 1 000 personnes et disposera d’une capacité de production de 9 GWh par an, soit l’équivalent de 200 000 batteries pour véhicules électriques. Ce projet, né d’un partenariat stratégique entre Renault et AESC annoncé en 2021, a nécessité plusieurs années de concertation, d’obtention des autorisations et de préparation logistique avant le démarrage de la première ligne de production en août 2024.
Les pistes pour l’avion du futur
Michel Kieffer, président de la société C-TECAT et ancien enseignant-chercheur associé en aéronautique, s’est montré sceptique quant à la possibilité d’alimenter les avions par batteries électriques par exemple. À travers des chiffres et des graphiques détaillés, il a démontré que l’amélioration d’un critère de qualité des systèmes de transport se fait souvent au détriment d'un autre critère de qualité avec pour effet une diminution non significative voire une augmentation du besoin en énergie de l'avion. D’où la nécessité d’imaginer d'autres pistes présentées dans l'exposé. En procédant ainsi, la diminution du besoin en énergie d'un avion est de l'ordre de moins 50% à moins 70% selon le type d’avion et les missions associées. Au delà du moindre besoin en énergies fossiles, une telle diminution du besoin en énergie ouvre la porte aux rares et coûteuses énergies alternatives.
Vidéo de la conférence condensée en 14 minutes
L’automatisation au service de la santé
La table ronde dédiée à l’automatisation dans le domaine de la santé a permis de mettre en lumière les enjeux réglementaires et techniques de ce secteur. Christophe Macret, responsable Affaires Réglementaires et Qualité au SNITEM, a rappelé la définition d’un dispositif médical, ainsi que les exigences strictes imposées par la réglementation européenne, révisée en 2017 pour renforcer la sécurité des patients et la traçabilité des produits. Romuald Gorjup, directeur Certification au GMED, a insisté sur l’importance d’une préparation rigoureuse pour obtenir la certification, un processus souvent sous-estimé par les entreprises en termes de coûts et de délais.
Face à ces défis, certaines startups ont dû adapter leur stratégie. Nicolas Rousselet, cofondateur de Damocles, a ainsi expliqué pourquoi il a choisi de réorienter sa solution d’identification rapide des bactéries vers le marché vétérinaire, moins contraignant en matière de certification et de financement. Son système automatisé, basé sur une technologie brevetée, permet d’obtenir des antibiogrammes en quelques heures seulement, une avancée majeure pour le traitement des infections.
Jean-Baptiste Guissart, pharmacien hospitalier et fondateur d’InCare, a partagé son expérience dans le développement d’une solution de sécurisation du circuit du médicament en milieu hospitalier. En collaboration avec le CHU de Nîmes et avec le soutien technique de Festo, il a conçu un écosystème d’automates interconnectés, incluant une unité de découpe de doses unitaires, des armoires sécurisées, un système d’assistance à la distribution et un logiciel dédié. Il a évoqué les difficultés rencontrées, tant sur le plan technique que financier, et les choix stratégiques qui ont permis de concrétiser son projet.
Enfin, Sandrine Foucher, fondatrice de Startilabo, a présenté son accompagnement des startups, TPE et PME dans la création de leurs laboratoires. Elle a souligné les principales difficultés rencontrées par les jeunes entreprises lors de la mise en place de leurs premiers espaces de recherche, ainsi que les solutions pour répondre aux exigences réglementaires et techniques.
La deuxième journée de célébration s’est conclue sur une note festive et élégante. Après une journée intense d’échanges techniques et de présentations, les invités ont été surpris par un défilé de mode, offrant une parenthèse artistique avant de lever leur coupe de champagne en l’honneur des 100 ans d’innovation de Festo.
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